Une croissance plus forte se profile à l’horizon, en particulier aux États-Unis
Nous nous attendons à ce que l’IA se démarque des autres mégatendances, compte tenu de sa capacité à transformer le marché du travail et à stimuler la productivité. La contribution démesurée des investissements dans l’IA à la croissance de l’économie est le principal facteur de risque pour 2026.
L’on s’attend à ce que la vague actuelle d’investissements physiques axés sur l’IA soit une force puissante, rappelant les périodes de grande expansion des capitaux, comme le développement des chemins de fer au milieu du 19e siècle et la poussée de l’information et des télécommunications à la fin des années 1990. Notre analyse indique que le présent cycle d’investissements serait toujours en cours, ce qui étaye notre projection d’une probabilité pouvant aller jusqu’à 60 % que l’économie américaine atteigne une croissance du PIB réel de 3 % au cours des prochaines années, un taux nettement supérieur aux prévisions des professionnels et des banques centrales.
Mais ce futur n’est pas tout à fait arrivé. En 2026, les États-Unis seront positionnés pour une accélération plus modeste de la croissance, à environ 2,25 %, soutenue par les investissements dans l’IA et la poussée budgétaire de la loi One Big Beautiful Bill Act. La première moitié de l’année pourrait être plus faible en raison du choc stagflationniste persistant des mégatendances (droits de douane et évolution démographique), et car les gains généralisés de productivité des travailleurs ne se sont pas encore concrétisés. Les marchés de l’emploi, qui ont fortement ralenti en 2025, devraient se stabiliser d’ici la fin de 2026, ce qui permettra au taux de chômage de rester sous la barre des 4,5 %.
La croissance économique devrait alimenter un peu l’inflation aux États-Unis, laquelle restera probablement supérieure à 2 % jusqu’à la fin de 2026. Cette combinaison de solide croissance et d’inflation persistante donne à penser que la Réserve fédérale américaine (Fed) aura peu de marge de manœuvre pour réduire les taux sous notre taux neutre estimé de 3,5 %. Nos prévisions quant aux décisions futures de la Fed sont un peu plus optimistes que celles du marché obligataire.
Étant donné que la dynamique de l’IA est similaire en Chine, nos prévisions de croissance économique pour ce pays sont également supérieures à celles des analystes pour 2026. Malgré les difficultés externes et structurelles persistantes, la croissance du PIB réel est plus susceptible d’atteindre 5 % que 4 %.
En revanche, notre évaluation du risque pour la zone euro ressemble davantage à celui des analystes, car la forte dynamique liée à l’IA n’y est pas. Nous nous attendons à ce que la croissance oscille autour de 1 % en 2026, car le poids de la hausse des droits de douane américains sera compensé par l’augmentation des dépenses en défense et en infrastructures. L’inflation devrait rester proche de la cible de 2 %, ce qui permettra à la Banque centrale européenne de maintenir sa politique actuelle tout au long de l’année.
Des stratégies de placement différenciées
Nos perspectives pour les marchés financiers diffèrent selon les marchés, les catégories d’actif et les horizons de placement. Dans l’ensemble, nos perspectives à moyen terme pour les portefeuilles multiactifs demeurent optimistes, et les bons rendements postinflation devraient se poursuivre. En 2026, les titres technologiques américains pourraient maintenir leur élan, compte tenu du rythme des investissements et de la croissance prévue des bénéfices.
Mais soyons clairs : les risques augmentent dans ce contexte d’exubérance, même si elle semble « rationnelle » selon certaines mesures. Des occasions de placement plus intéressantes se présentent ailleurs, même pour les investisseurs les plus optimistes à l’égard des perspectives de l’IA. Nous en sommes de plus en plus convaincus et cela se compare avec les rendements des placements des cycles technologiques précédents.
Nos projections à l’égard des marchés financiers montrent que les profils risque-rendement les plus solides parmi les placements publics pour les cinq à dix prochaines années sont :
1. Titres à revenu fixe américains de grande qualité.
2. Actions américaines axées sur la valeur.
3. Actions des marchés développés hors États-Unis.
Nous sommes toujours d’avis que les obligations de grande qualité (imposables et municipales) offrent des rendements réels intéressants compte tenu des taux neutres plus élevés. Les rendements devraient se situer en moyenne près des niveaux de revenu actuels du portefeuille, ce qui représente une marge confortable par rapport au taux d’inflation prévu. C’est la principale raison pour laquelle les obligations sont de retour, peu importe ce que les banques centrales feront en 2026. Qui plus est, les titres à revenu fixe américains devraient offrir une diversification si l’IA déçoit les investisseurs, ce qui entraînerait une croissance moins forte – un scénario qui, selon nous, a de 25 % à 30 % de chance de se produire.
Nous demeurons très prudents dans notre évaluation des actions de croissance américaines, qui ont, il est vrai, surpassé la plupart des autres placements, et de loin. Or, comme nous le montrerons dans le présent article, les rendements modestes attendus du secteur des technologies sont tout à fait conformes à nos perspectives plus optimistes d’un boom économique aux États-Unis alimenté par l’IA.
Il est peu probable que les attentes optimistes à l’égard des titres technologiques américains soient satisfaites, et ce, pour au moins deux raisons. La première est la prévision des bénéfices déjà élevés et la deuxième est la sous-estimation typique de la destruction créative des nouveaux venus dans le secteur, qui érode la rentabilité globale. La volatilité dans ce secteur – et, par conséquent, sur l’ensemble du marché boursier américain – devrait augmenter. En effet, nos attentes peu élevées quant aux actions américaines, qui tablent sur un rendement moyen de 4 % à 5 % pour les cinq à dix prochaines années, sont presque entièrement dictées par notre évaluation du profil risque-rendement des sociétés technologiques à grande capitalisation.
En rétrospective, investir pendant les cycles technologiques a révélé des occasions de placement contre-intuitives, mais de plus en plus attrayantes, et ce, peu importe si l’IA se révèle transformatrice ou non. Les actions américaines de valeur et les actions des marchés développés hors États-Unis devraient être les plus grandes bénéficiaires à terme, alors que la contribution de l’IA à la croissance s’étendra aux consommateurs des technologies de l’IA. Les transformations économiques sont souvent accompagnées de tels virages sur les marchés boursiers pendant le cycle technologique complet.
Globalement, ces trois occasions de placement sont à la fois offensives et défensives. La présente évaluation du risque ne tient pas compte de l’éventuel caractère rationnel de l’exubérance actuelle entourant l’IA.
IMPORTANT : Les projections et les autres données générées par le Vanguard Capital Markets Model (VCMM) en ce qui concerne la vraisemblance des résultats de placements divers sont de nature purement hypothétique; de plus, elles ne reflètent aucunement des résultats de placement réels et ne sauraient garantir les résultats futurs. La distribution des rendements calculés par le VCMM provient de 10 000 simulations effectuées pour chaque catégorie d’actif modélisée. Les simulations sont en date du 31 octobre 2025. Les résultats tirés du modèle peuvent varier à chaque utilisation et dans le temps. Pour en savoir plus, veuillez consulter la section des Remarques.