Perspectives pour le Canada au T2 2026 : Résilience dans un contexte de vents contraires sur le plan géopolitique
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Perspectives économiques et de marché

Perspectives pour le Canada au T2 2026 : Résilience dans un contexte de vents contraires sur le plan géopolitique

Une analyse complète de la perspective économique du Canada pour 2026, abordant des domaines clés tels que la croissance, l'inflation, le marché du travail et la politique.

À mesure que s’écoule le premier trimestre de 2026, le Canada se trouve aux prises avec une combinaison familière, mais en évolution, de difficultés géopolitiques et commerciales qui continuent de complexifier ses perspectives économiques. Bien que la plupart des exportations du Canada vers les États-Unis restent exemptées de droits de douane en vertu des règles de l’ACEUM, l’incertitude persistante à l’égard de la politique commerciale a renforcé la prudence des entreprises, ce qui a miné la confiance des entreprises et les investissements non résidentiels.

Par ailleurs, les prix élevés du pétrole résultant du conflit en Iran auront probablement un léger effet positif au Canada, car le pays est un exportateur net d’énergie. Même s’il est possible que les prix de l’énergie alimentent l’inflation de base et pèsent sur les dépenses discrétionnaires des ménages, l’effet général des termes de l’échange devrait continuer de soutenir l’économie canadienne. La Banque du Canada (BdC) pourrait être forcée de resserrer sa politique monétaire si l’inflation accélère de nouveau ou si les événements géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient, commencent à faire augmenter les attentes en matière d’inflation. Comme les taux obligataires ont augmenté au Canada, un certain resserrement lié à la crise au Moyen-Orient s’est déjà produit, et ce, même si les marchés canadiens de l’emploi continuent de s’affaiblir.

Nous avons effectué une analyse de scénarios pour évaluer les conséquences macroéconomiques de la hausse des prix du pétrole, en nous fondant sur diverses hypothèses quant à la durée du conflit au Moyen-Orient et à son incidence sur le PIB, l’inflation globale et l’inflation de base. Dans les trois scénarios, le Canada évite une récession. Notre analyse révèle également qu’un prix du pétrole demeurant à 150 $ le baril en 2026 suffirait à causer une récession aux États-Unis.

Le tableau ci-dessous résume les effets économiques prévus des prix élevés du pétrole. Notre évaluation s’appuie sur ce que l’on a observé par le passé et tient explicitement compte des forces neutralisantes des politiques budgétaire et monétaire. L’aspect à souligner en ce qui concerne le Canada est que, même si la hausse des prix du pétrole fait grimper le PIB dans les trois scénarios, l’avantage net sur le plan de la croissance atteint un pic dans le scénario modéré. Les périodes prolongées où les prix du pétrole sont élevés profitent de façon disproportionnée aux régions productrices d’énergie, mais pèsent sur l’ensemble de la demande dans d’autres segments de l’économie, ce qui finit par limiter la croissance globale.

Figure 1 : Les effets économiques prévus de la hausse des prix du pétrole

Remarques : Pb est l’abréviation de point de base. Un point de base correspond à 1/100e de point de pourcentage.

Source : Calculs de Vanguard, selon les données d’Oxford Economics et de la Réserve fédérale, au 9 mars 2026.

La politique budgétaire aura un léger effet positif grâce à des initiatives sectorielles ciblées et à des programmes d’infrastructures continus. Si l’on tient également compte des attentes quant à une croissance mondiale supérieure à la tendance, nous prévoyons une croissance du PIB réel canadien de 1,8 % en 2026. L’inflation de base a ralenti jusqu’à la fin de 2025, ce qui a donné à la Banque du Canada la marge de manœuvre nécessaire pour réduire les taux de 100 points de base au total l’an dernier. Nous nous attendons à ce que le taux directeur demeure à la limite inférieure de la fourchette de taux neutre, soit à 2,25 %, tout au long de l’année, même si les marchés prévoient des hausses de taux pour le second semestre de 2026, comme le montre la figure 2, en partie en raison des craintes que l’inflation liée au pétrole force la BdC à agir. Nous nous attendons à ce que la BdC fasse fi des chocs de prix causés par l’offre tant que persistent les attentes en matière d’inflation.

Les pertes d’emplois au Canada en janvier et en février 2024 comptent parmi les plus importantes en dehors celles enregistrées lors de grandes récessions. Nous nous attendons à ce que le taux de chômage diminue au cours des prochains trimestres, en raison non pas d’un rebond de l’embauche, mais plutôt d’une baisse de la participation de la population active, un signe précoce du ralentissement démographique qui devrait influer sur le marché de l’emploi dans les prochaines années. La croissance des salaires réels et le rythme relativement modeste des nouvelles pertes d’emplois devraient également contribuer à stabiliser les conditions du marché de l’emploi.

 

Politique monétaire

Figure 2 : Taux directeurs et attentes aux États-Unis et au Canada

Source : Bloomberg et la Banque du Canada, au 23 mars 2026

Lors de sa réunion du 18 mars, la BdC a choisi de maintenir son taux directeur à 2,25 %, ce qui indique que l’inflation globale a diminué pour passer à 1,8 % en février et que l’économie canadienne affiche une offre excédentaire, comme en témoigne la contraction de 0,6 % du PIB au quatrième trimestre de 2025 et le ralentissement du marché de l’emploi. La politique monétaire est déjà suffisamment restrictive en raison de la faible croissance du crédit, de la morosité du marché de l’habitation et du fait que de nombreux ménages doivent refinancer leur prêt hypothécaire à un taux beaucoup plus élevé en 2026. Compte tenu de ces dynamiques, les dirigeants estiment qu’il n’est pas nécessaire de relever davantage les taux. Nous sommes d’avis que les marchés envisagent à tort un trop grand nombre de hausses, car ces signes agissent contre le resserrement de la politique monétaire.

En discutant de la possibilité d’une baisse des taux, le gouverneur Tiff Macklem a souligné que la BdC demeure prête à passer outre les effets inflationnistes immédiats découlant du conflit au Moyen-Orient, à condition que ces pressions ne se traduisent pas par une inflation persistante. La flambée des prix du pétrole à l’échelle mondiale, alimentée par la guerre, a temporairement fait grimper l’inflation globale au Canada, ainsi que dans d’autres régions. La BdC a indiqué qu’elle était disposée à tolérer une hausse à court terme de l’inflation au-dessus sa cible de 3 %, à condition que cette hausse soit clairement attribuable à des chocs externes temporaires et que les attentes d’inflation à long terme restent stables. Le contexte d’inflation relativement modérée au Canada procure à la BdC une plus grande souplesse sur le plan monétaire que celle dont dispose la banque centrale des États-Unis. Dans ce contexte, la BdC pourrait être ouverte à d’autres réductions de taux. Toutefois, une telle décision dépendra de la confirmation que le choc énergétique ne se révélera pas plus grave ou plus persistant que prévu et n’aura pas d’effets secondaires sur les salaires et les attentes d’inflation.

Selon nous, il est peu probable que la Banque du Canada réduise davantage les taux tant que l’on n’en saura pas plus sur la durée et l’ampleur du conflit au Moyen-Orient et que l’affaiblissement des conditions du marché de l’emploi persistent et se généralisent davantage. L’incidence inflationniste de la politique budgétaire intérieure constitue une autre contrainte pour les perspectives de la politique monétaire. Les dépenses en infrastructures à grande échelle, les initiatives en matière de logement, les incitatifs fiscaux pour une économie propre et les engagements accrus en matière de défense devraient entraîner un niveau plancher structurel en ce qui a trait aux réductions de taux d’intérêt.

La BdC surveillera également l’évolution de l’ACEUM, en particulier parce que de nombreuses décisions de placement demeurent en suspens avant la révision conjointe, et elle évaluera le risque de perturbations de la chaîne d’approvisionnement découlant du conflit au Moyen-Orient. Ensemble, ces facteurs sous-tendent notre opinion de base selon laquelle la BdC maintiendra sa politique monétaire actuelle et les taux inchangés tout au long de 2026.

 

Inflation

L’inflation globale (indice des prix à la consommation ou IPC) a continué de diminuer et est maintenant inférieure à la cible de 2 % de la Banque du Canada, en plus des signes de faiblesse des marchés de l’emploi. L’IPC a ralenti pour toucher 1,8 % sur 12 mois en février 2026 (voir la figure 3), contre 2,3 % en janvier, le ralentissement reflétant en grande partie les effets de l’année de base liés à la fin du congé temporaire de TPS et de TVH du 14 décembre 2024 au 15 février 2025. Comme le congé de taxes s’appliquait aux repas et aux boissons en restaurant et s’est terminé à la mi-février l’an dernier, les prix des repas en restaurant sont demeurés élevés, à 7,8 % sur 12 mois. Malgré tout, l’inflation globale des aliments a ralenti, passant de 7,3 % en janvier à 5,4 % en février, ce qui laisse entrevoir une baisse notable des prix de la viande. Malgré cet assouplissement, l’inflation des aliments demeure nettement supérieure à l’IPC global et reste sensible aux prix de l’énergie, ce qui témoigne de la dépendance du segment aux intrants de carburant et à la production d’engrais. Un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait accentuer les pressions à la hausse sur l’inflation des aliments, et les conditions météorologiques défavorables pourraient aggraver ces effets en entraînant une hausse des coûts des aliments et des engrais.

Figure 3 : Le Canada fait des progrès au chapitre de l’inflation de base et de l’inflation globale, car les pressions diminuent

Source : Statistique Canada

Si l’on fait abstraction des catégories volatiles des aliments et de l’énergie, l’inflation sous-jacente au Canada est proche de sa cible et continue de ralentir. La moyenne de l’IPC tronqué et de l’IPC médian, soit les mesures de base que privilégie la Banque du Canada, a ralenti pour toucher 2,3 % en février 2026, contre 2,45 % en janvier. Notre analyse donne à penser qu’un conflit prolongé au Moyen-Orient accentuerait l’inflation de base d’environ 30 points de base (voir la figure 1), tandis que l’inflation globale pourrait augmenter d’environ 75 points de base. Il y a lieu de souligner que la moyenne annualisée sur trois mois de l’IPC tronqué et de l’IPC médian est tombée sous la barre des 1 %, ce qui laisse entrevoir un élan désinflationniste et des progrès importants à l’égard de l’inflation. Ce contexte donnerait à la Banque du Canada une plus grande marge de manœuvre pour assouplir sa politique monétaire si les conditions du marché de l’emploi se détérioraient davantage. La faiblesse de la demande intérieure et les attentes d’inflation bien ancrées devraient contribuer à contenir l’inflation de base. Par conséquent, une reprise de l’inflation alimentée par l’énergie ne devrait pas déclencher une spirale inflationniste plus large ou persistante, à condition que la croissance des salaires et les comportements des entreprises en matière de prix ne réagissent pas fortement à ce qui devrait être une hausse temporaire des coûts de l’énergie.

Au-delà du risque d’un conflit prolongé au Moyen-Orient, la reprise des perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale et la hausse des coûts de la main-d’œuvre représentent des facteurs qui pourraient provoquer une hausse de l’inflation. Les coûts d’intérêt hypothécaire ont déjà augmenté en raison des hausses de taux passées. Si la Banque du Canada resserre davantage sa politique monétaire, la hausse des coûts d’emprunt pourrait faire grimper les coûts d’intérêt hypothécaire et, par conséquent, l’inflation globale. Au cours du cycle de hausse de 2022 à 2023, l’inflation des coûts d’intérêt hypothécaire a parfois alimenté l’IPC global de près d’un point de pourcentage, et ce, malgré sa pondération relativement modeste dans l’indice1.

Nous nous attendons à ce que l’inflation de base atteigne environ 2,2 % à la fin de l’année, à moins que le conflit au Moyen-Orient ne persiste encore plus de trois mois ou que d’autres chocs externes ne surviennent.

 

Croissance du PIB

Le PIB réel du Canada a augmenté de 1,7 % en 2025, principalement en raison de la demande intérieure, les difficultés commerciales et la faiblesse de la productivité ayant annulé en partie la croissance. Selon les projections de la Banque du Canada pour janvier 2026, la consommation des ménages, les dépenses publiques, l’activité du marché de l’habitation et les investissements modestes des entreprises ont contribué à la croissance à hauteur d’environ 1,7 point de pourcentage, tandis que les exportations nettes ont été peu favorables. La consommation des ménages a été résiliente, car la baisse de l’inflation a stimulé la croissance des salaires réels, renforcée par un effet de richesse positif découlant de la solide performance absolue des marchés, en particulier ceux des actions canadiennes. Les dépenses publiques ont également eu un apport important, du fait des programmes d’infrastructures et des investissements publics ciblés, et ce, même si les investissements du secteur privé sont restés faibles. La baisse des taux d’intérêt a également soutenu les dépenses de consommation et contribué à la stabilisation des secteurs sensibles aux taux d’intérêt.

Les exportations nettes ont toutefois freiné la croissance. Bien que le statut du Canada en tant qu’exportateur net d’énergie ait fait contrepoids, le PIB global a été soutenu mécaniquement par la baisse des importations, un rajustement qui reflète une baisse de la demande intérieure plutôt qu’une amélioration de la compétitivité. Le rendement des exportations a été limité par les droits de douane sectoriels sur le bois d’œuvre, l’acier, l’aluminium et les pièces automobiles qui ne sont pas visés par l’ACEUM. Même si le Canada a réalisé des progrès pour diversifier son exposition aux exportations vers les États-Unis, comme le montre la figure 4, dans laquelle la part des exportations américaines est passée de 76 % en décembre 2024 à 68 % en janvier 2026, la situation demeure difficile dans son ensemble. Les exportations totales ont reculé d’environ 10 % au cours de la même période, ce qui souligne la difficulté de traduire les efforts de diversification en croissance globale des exportations. 

Figure 4 : Le Canada se diversifie par rapport aux États-Unis, mais les volumes d’exportations globaux diminuent

Source : Statistique Canada

Dans le contexte actuel du conflit au Moyen-Orient, la figure 1 donne à penser que l’incidence sur le PIB du Canada est modeste, mais légèrement positive. Les périodes prolongées où les prix du pétrole sont élevés ont tendance à avantager de façon disproportionnée les régions productrices d’énergie comme le Canada, mais ces gains seraient de plus en plus neutralisés par la baisse de la demande globale dans d’autres segments de l’économie. Le PIB devrait atteindre un sommet dans un scénario modéré où le conflit persistera pendant trois à six mois. Au-delà de cet horizon, les prix résolument élevés du pétrole, bien que favorables au secteur de l’énergie, commenceraient à peser davantage sur la consommation et l’activité non énergétique.

Les changements structurels dans le secteur canadien de l’énergie limiteraient davantage le potentiel de hausse. Les investissements pétroliers et gaziers sont maintenant inférieurs de moitié à leur niveau d’il y a dix ans, et les grands et nouveaux projets énergétiques nécessitent non seulement des prix élevés, mais aussi une certitude soutenue à l’égard des prix sur de longues périodes. Par conséquent, l’incidence de la hausse des prix du pétrole sur le PIB devrait se matérialiser principalement sous forme de hausse des bénéfices des sociétés et des redevances gouvernementales plutôt que d’une augmentation marquée des investissements en immobilisations.

Le PIB du Canada s’est contracté de 0,6 % au quatrième trimestre, en raison principalement des baisses de stocks, les entreprises ayant vendu les stocks qu’elles possédaient plutôt que d’accroître leur production. Le signal le plus encourageant est venu de la demande intérieure finale, qui a rebondi, car les dépenses de consommation, qui représentent plus de la moitié du PIB, ont été résilientes. Les Canadiens ont continué de dépenser pour les voyages, les loisirs et d’autres services en personne, ce qui a aidé à compenser la faiblesse d’autres segments de l’économie.

Le PIB par habitant du Canada a augmenté au cours des derniers trimestres, comme le montre la figure 5. Un facteur clé a été le ralentissement marqué de la croissance de la population, qui semble avoir reculé de 75 000 personnes sur une base nette semestrielle dans la deuxième moitié de 2025 d’environ, ce qui a permis à l’économie d’éviter une baisse prononcée de la production par habitant. Au début du cycle, les gains rapides sur le plan démographique ont constamment surpassé la création d’emplois et la croissance de la production, ce qui a fait reculer le PIB par habitant, même si le PIB global a augmenté. Au milieu de 2025, la courbe de croissance de la population s’était aplatie, ce qui avait atténué la dilution arithmétique de la production et permis au PIB par habitant de se redresser.

Figure 5 : Le PIB par habitant augmente au Canada, en raison non pas d’une hausse, mais d’un ralentissement de la croissance démographique

Source: Statistique Canada

Le soutien budgétaire commence également à jouer un rôle plus important. L’embauche dans le secteur public et les dépenses en infrastructures, y compris les projets liés à la défense et aux initiatives vertes, augmentent la demande à un moment où les investissements du secteur privé demeurent faibles. Si l’on tient également compte des attentes quant à une croissance mondiale supérieure à la tendance, nous prévoyons une croissance du PIB réel canadien de 1,8 % en 2026. Ces perspectives demeurent toutefois sensibles aux risques externes, en particulier à l’issue des prochaines négociations sur l’ACEUM.

 

Marchés de l’emploi

Au début de 2026, le marché de l’emploi a subi un choc inattendu, le Canada ayant perdu près de 110 000 emplois même si la croissance de la population avait déjà stagné au deuxième semestre de 2025. La baisse sur deux mois a été généralisée et concentrée dans le secteur privé et les emplois à temps plein, un ensemble de dynamiques néfastes pour le marché du travail. Le nombre moyen d’heures travaillées est également passé de 32,9 en janvier à 31,1 en février. Bien que les résultats de l’Enquête sur la population active soient intrinsèquement volatils et que les données mensuelles doivent être interprétées avec prudence, les tendances sous-jacentes sont préoccupantes. Les pertes d’emplois consécutives ont eu pour effet d’effacer la majeure partie des gains d’emplois enregistrés à la fin de 2025, la majeure partie du recul s’étant produite dans le secteur privé, en raison des licenciements au sein des entreprises confrontées à une baisse de la demande et à une hausse des pressions sur les coûts. En février, le taux de chômage est passé de 6,5 % à 6,7 % (voir la figure 6).

Figure 6 : Le taux de chômage chez les jeunes a continué d’augmenter, alors que le taux de chômage global a augmenté en février 2026

Source : Statistique Canada 

Nous nous attendons à ce qu’un ralentissement démographique influe sur les perspectives au cours des prochaines années, à mesure que la croissance de la population ralentira. La hausse de l’emploi à temps plein, la croissance des salaires réels, les pertes d’emplois limitées et les effets positifs des marchés financiers sur la richesse devraient offrir une solide base en ce qui a trait à la consommation des ménages, ce qui devrait compenser la faiblesse des investissements des entreprises.

Au cours de la dernière année, le secteur manufacturier a été le plus durement touché, en raison des perturbations commerciales et de la baisse de la demande étrangère. D’importantes pertes d’emplois ont également été enregistrées dans les services de soutien aux affaires, l’agriculture et le commerce de détail. En revanche, les soins de santé et l’aide sociale se démarquent comme d’importants moteurs de croissance au chapitre de l’emploi, car les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée ont accru leurs embauches pour répondre à la demande croissante, ce qui en fait de loin les segments qui ont le plus contribué à la création d’emplois dans l’ensemble.

Malgré les signes de ralentissement du marché de l’emploi, la croissance des salaires est demeurée résiliente. Au début de 2026, les salaires horaires moyens avaient augmenté à un rythme légèrement supérieur à l’inflation, ce qui a permis aux salaires réels de retourner en territoire positif pour la première fois depuis 2020.

Le ralentissement abrupt de la croissance de la population active est une caractéristique déterminante du marché actuel de l’emploi au Canada. Après plusieurs années d’augmentation rapide de la population, la croissance a stagné à la suite d’une baisse délibérée de l’immigration et des résidents non permanents. Les données font désormais clairement état des changements apportés à la politique fédérale visant à réduire le nombre d’étudiants internationaux et de travailleurs temporaires, comme le montre la figure 7, le nombre de titulaires de permis d’études ayant diminué au cours des derniers trimestres. Par conséquent, la population canadienne pourrait légèrement diminuer en 2026, ce qui exercerait des pressions à la baisse sur la participation de la population active et réduirait le bassin de travailleurs disponibles. Bien que cette dynamique puisse contribuer à maintenir le taux de chômage à un niveau bas en entraînant une réduction du nombre de personnes à la recherche d’un emploi, elle limite également l’offre de main-d’œuvre et réduit le PIB potentiel du Canada au fil du temps.

 

Figure 7 : Le nombre de résidents non permanents a diminué sur plusieurs trimestres, en raison surtout de la baisse du nombre d’étudiants internationaux

Source : Statistique Canada 

Nous nous attendons à ce que les conditions du marché de l’emploi s’améliorent graduellement à mesure que l’incertitude diminue, que le ralentissement de l’immigration freine la croissance de la population et que la demande soutenue des consommateurs contribue à une hausse marquée des salaires réels. Le conflit au Moyen-Orient devrait avoir une incidence régionale asymétrique, les régions productrices d’énergie profitant des prix élevés du pétrole, tandis que les pressions inflationnistes plus fortes pourraient limiter l’embauche dans des secteurs plus sensibles aux taux d’intérêt et aux coûts si le conflit se prolonge. Nous nous attendons à ce que le taux de chômage diminue pour s’établir à environ 6,5 % d’ici la fin de l’année, en raison des politiques expansionnistes, du ralentissement de la croissance démographique et de la résilience du secteur des ménages.

1Bloomberg. 

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Date de publication : avril 2026

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