Perspectives pour le Canada au T3 2026 : Un début d’année plus lent cache un contexte économique sous-jacent stable
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Perspectives économiques et de marché

Perspectives pour le Canada au T3 2026 : Un début d’année plus lent cache un contexte économique sous-jacent stable

Une analyse complète de la perspective économique du Canada pour 2026, abordant des domaines clés tels que la croissance, l'inflation, le marché du travail et la politique.

Les données récentes donnent à penser que le Canada est entré dans une récession technique peu prononcée au début de l’année, le PIB ayant reculé à un rythme annualisé de 1,0 % au quatrième trimestre de 2025 et reculant encore de 0,1 % au premier trimestre de 2026. Malgré tout, la faiblesse semble moins alarmante que ne le laissent croire les manchettes. La production a été faussée par des facteurs temporaires, dont la flambée des importations d’or et un ralentissement temporaire des dépenses en défense, tandis que la demande intérieure finale a fait preuve de résilience. 

L’incertitude entourant la politique commerciale aux États-Unis et le sort de l’ACEUM continue de restreindre la confiance des entreprises et de retarder les investissements non résidentiels; bien que les prix élevés du pétrole devraient compenser en partie par l’amélioration des volumes d’échanges commerciaux d’un important exportateur d’énergie. Les effets positifs liés au pétrole devraient contribuer à un léger rebond de la croissance jusqu’au milieu de l’année 2026, même si la hausse des coûts énergétiques pèse sur les dépenses des ménages et incite les entreprises non énergétiques à la prudence. Compte tenu d’une situation de départ moins favorable, nous avons revu à la baisse nos prévisions de PIB pour 2026 à 1,5 %, avec une amélioration modeste à 1,6 % en 2027.

Le marché du travail est resté globalement peu encourageant, évoluant dans une fourchette de 6,5 % à 7,0 % et ne montrant guère de tendance soutenue dans un sens ou dans l’autre. La baisse observée récemment a principalement touché les travailleurs plus jeunes et ayant moins d’ancienneté, une composition qui contribue à atténuer l’impact immédiat sur la consommation globale. Néanmoins, la baisse des embauches, la baisse des prix des maisons et les coûts élevés de l’énergie pourraient graduellement encourager des mesures de précaution supplémentaires et peser sur les dépenses de consommation.

En revanche, l’inflation a évolué dans une direction plus favorable. Les mesures de base de la croissance des prix continuent de ralentir, ce qui donne à la Banque du Canada une plus grande marge de manœuvre pour composer avec les hausses des prix de l’énergie dictées par l’offre, à condition que les attentes d’inflation demeurent bien ancrées. La dynamique démographique est également plus favorable à cet égard. Le Canada a enregistré trois trimestres consécutifs de baisse de la population, un développement qui devrait exercer d’autres pressions désinflationnistes en raison de la baisse de la demande de logements et de la réduction des pressions sur les services. Ensemble, ces forces soutiennent notre opinion selon laquelle la politique monétaire devrait rester en veilleuse jusqu’à la fin de 2027.

Toutefois, les conditions du marché du travail présentent un portrait plus nuancé. La récente hausse du chômage, en particulier chez les jeunes travailleurs, ne semble pas refléter le déplacement généralisé découlant de l’intelligence artificielle. Elle est plutôt plus compatible avec les difficultés cycliques et structurelles, y compris la forte incertitude commerciale et un changement dans la composition de la demande de main-d’œuvre. Au cours de la dernière décennie, la demande de travailleurs formés à l’université au Canada a augmenté d’environ 16 %, tandis que le nombre de diplômés a augmenté de plus de 63 %. Cette divergence laisse entrevoir un déséquilibre croissant entre l’offre et la demande de main-d’œuvre au niveau postsecondaire.

De façon plus générale, les données ne donnent pas encore à penser que l’IA produit des gains de productivité mesurables sur le plan macroéconomique au Canada. Les indicateurs initiaux demeurent modestes, comme le montre la figure 1 ci-dessous, ce qui renforce l’opinion selon laquelle l’économie en est encore à la première phase de l’adoption, où les investissements et l’intégration précèdent des gains d’efficacité généralisés.

 

Figure 1 : Les premiers signaux laissent entrevoir des gains de productivité liés à l’IA aux États-Unis, mais pas au Canada

Source : Calculs de Vanguard, fondés sur les données de la base de données FRED de la Réserve fédérale de Cleveland, de DataBuffet, de Bloomberg, de Macrobond et du Bureau of Labor Statistics

 

Politique monétaire

Figure 2 : Taux directeurs et attentes aux États-Unis et au Canada

Source : Bloomberg et recherche de Vanguard, au 19 juin 2026.

La politique monétaire canadienne est actuellement caractérisée par une pause délibérée, la Banque du Canada laissant son taux directeur à 2,25 % le 10 juin, alors qu’elle doit composer avec un contexte macroéconomique complexe. Les décideurs estiment que la position actuelle est adéquatement calibrée pour équilibrer les forces concurrentes au sein de l’économie, y compris un contexte de croissance plus faible, comme en témoignent la modeste contraction du PIB au premier trimestre de 2026 et l’offre excédentaire persistante, parallèlement à la dynamique de l’inflation, l’inflation globale ayant gonflé temporairement en raison des prix de l’énergie, tandis que les mesures de base sous-jacentes demeurent contenues dans leur tendance.

Comme le montre la figure 2, les marchés obligataires canadiens continuent d’anticiper environ une autre hausse du taux directeur, ce qui est moins que les deux hausses prévues avant l’annonce d’un protocole d’entente de cessez-le-feu de 60 jours entre les États-Unis et l’Iran. Selon nous, un tel resserrement est peu probable.

Premièrement, l’économie canadienne continue de fonctionner sous son potentiel, les capacités excédentaires résiduelles étant évidentes, malgré les signes émergents de stabilisation des conditions du marché de l’emploi et les attentes d’un rebond de l’activité à court terme. Ce contexte, combiné à l’essoufflement de l’inflation de base, donne à la Banque du Canada la possibilité de laisser son taux directeur inchangé jusqu’en 2026. Les décideurs doivent également composer avec un contexte d’incertitude élevée, alimenté par la volatilité des prix du pétrole, les événements géopolitiques et les négociations commerciales en cours, ce qui renforce la valeur de la préservation des options politiques.

Deuxièmement, l’inflation de base, mesurée par l’IPC médian et l’IPC tronqué, se situe actuellement dans la fourchette cible de la Banque du Canada, à une moyenne de 2,05 %. Troisièmement, il y a peu de signes que la demande a exercé des pressions inflationnistes, car le ralentissement économique persiste et les événements récents au Moyen-Orient représentent un choc du côté de l’offre, une impulsion à laquelle la politique monétaire n’est pas bien placée pour répondre.

Quatrièmement, la hausse des taux obligataires et la hausse des primes à terme qui en découle ont déjà contribué à resserrer les conditions financières, ce qui signifie que la politique monétaire est devenue plus restrictive par l’intermédiaire des marchés.

Enfin, la Banque du Canada semble estimer que l’inflation actuelle reflète un choc temporaire de l’offre qui peut être surmonté, ce qui réduit l’urgence de nouvelles mesures de resserrement de la politique monétaire.

Par ailleurs, les arguments contre un assouplissement de la politique monétaire sont également fondés sur le contexte macroéconomique et politique. Comme nous l’avons déjà mentionné, la politique budgétaire du Canada demeure favorable, abaissant l’effet expansionniste d’une politique monétaire expansionniste. Parallèlement, l’incidence des tensions commerciales semble se concentrer dans certains secteurs plutôt qu’être généralisée dans l’ensemble de l’économie, ce qui donne à penser que des mesures de relance monétaire généralisées seraient imprécises et potentiellement inefficientes.

Plus fondamentalement, la politique monétaire est mal adaptée pour répondre aux perturbations sectorielles. Il est peu probable que l’assouplissement des conditions financières annule les pertes d’emplois découlant de la situation sur le plan structurel, comme celles qui touchent les travailleurs de l’automobile dans des régions comme Woodstock, en Ontario, où les résultats en matière d’emploi sont plus étroitement liés à la dynamique commerciale et à la restructuration industrielle qu’au niveau des taux d’intérêt.

 

Inflation

Nous demeurons optimistes à l’égard de l’inflation. L’IPC global a augmenté à 3,2 % en mai, mais la hausse a été largement alimentée par l’énergie, les prix de l’essence représentant la majeure partie de ce bond inattendu. En revanche, l’inflation hors essence s’est établie à 2,2 %, tandis que les mesures de base préférées de la Banque du Canada sont demeurées proches de la cible. Sur 12 mois, l’IPC tronqué s’est établi à 2,0 % et l’IPC médian à 2,1 %, ce qui laisse l’inflation de base globalement autour de 2,3 % et sous contrôle, comme le montre la figure 3 ci-dessous. 

 

Figure 3 : L’inflation de base est à la cible

Source : Statistique Canada

Le message général est que les pressions inflationnistes sous-jacentes demeurent beaucoup plus faibles que ne le laissent entrevoir les manchettes, et les preuves que la hausse des prix de l’énergie se répercute de façon significative sur le reste du panier de consommation sont limitées. La figure 4 ci-dessous montre que l’inflation des prix de l’énergie et du transport demeure nettement supérieure à sa moyenne sur 10 ans, tandis que la plupart des autres composantes sont globalement conformes aux normes historiques, même si l’inflation globale des prix des biens demeure quelque peu élevée.

 

Figure 4 : Inflation : c’est (principalement) une question d’énergie

Source : Statistique Canada

Cela s’explique de plusieurs façons. Premièrement, il y a encore un ralentissement évident de l’économie et celui-ci continue d’exercer des pressions désinflationnistes dans un large éventail de catégories. L’activité économique a été morose, l’économie demeure en situation d’offre excédentaire et l’écart de production aide à compenser l’inflation attribuable à la hausse des prix du pétrole. Deuxièmement, certaines des composantes plus persistantes de l’inflation demeurent élevées, mais elles évoluent dans la bonne direction. L’inflation de l’épicerie s’est atténuée par rapport aux sommets précédents, l’inflation des loyers a ralenti et les coûts d’intérêts hypothécaires sont déjà devenus négatifs sur 12 mois. Troisièmement, l’essoufflement de la croissance de la population devrait renforcer cette tendance de ralentissement. La baisse de la population devrait réduire davantage la demande de logements, ce qui devrait exercer d’autres pressions à la baisse sur les loyers et les prix des logements au fil du temps, tandis que le contexte actuel de ralentissement du marché de l’habitation pèse déjà sur la demande de biens liés au logement.

Ce ralentissement du marché de l’habitation se manifeste également dans le secteur des biens. Les prix des maisons baissent, l’activité du marché de l’habitation demeure modeste, et le ralentissement de la revente et des conditions de construction est compatible avec la baisse de la demande pour les biens de consommation durables des ménages, comme les meubles et les appareils électroménagers. Nous ajoutons que la répercussion des droits de douane sur les prix à la consommation a été lente, soutenue par l’élimination des représailles tarifaires, ce qui devrait limiter davantage les pressions à la hausse sur l’inflation de base des biens. Parallèlement, la hausse des taux obligataires stimule davantage l’économie, ce qui devrait limiter la demande et réduire les pressions inflationnistes au fil du temps, même sans que la Banque du Canada prenne d’autres mesures.

Rien de tout cela ne signifie que le choc de l’inflation est indolore. Le fardeau de la hausse des prix de l’énergie pèse de façon disproportionnée sur les ménages à faible revenu, qui consacrent une plus grande part de leur revenu discrétionnaire au carburant et au transport, même si le transfert macroéconomique au-delà de l’essence demeure limité. Dans l’ensemble, nous sommes d’avis que l’inflation demeure fondamentalement une question de volatilité globale plutôt que de nouvelle pression sous-jacente sur les prix, et nous nous attendons toujours à ce que l’inflation de base demeure généralement stable à environ 2,2 % tout au long de l’année.

 

Croissance du PIB

L’économie canadienne s’est légèrement contractée au premier trimestre de 2026, le PIB réel ayant reculé de 0,1 % à un taux annualisé. Il s’agit d’un deuxième recul trimestriel consécutif, ce qui place le Canada en récession technique. Toutefois, la contraction a été limitée, concentrée dans les secteurs et les régions exposés au commerce, et les données ne laissent pas entrevoir un ralentissement important et généralisé. Cette distinction est importante, car les données globales sur le PIB surestiment probablement la faiblesse économique. Des révisions importantes sont possibles, comme nous l’avons vu avec les importantes révisions du PIB de 2025, et le volet revenu des comptes semblait beaucoup plus solide que le volet des dépenses au premier trimestre. Le revenu intérieur brut réel a en fait augmenté, soutenu par l’amélioration des termes de l’échange et la hausse des revenus tirés de l’énergie, même si le PIB des dépenses a diminué.

La récente faiblesse est principalement attribuable à la baisse des dépenses publiques liées à la défense et à la modération des dépenses en immobilisations des entreprises en raison de l’incertitude persistante. Les dépenses résidentielles ont également été particulièrement faibles, en raison du ralentissement persistant des marchés de l’habitation. Les dépenses dans les services ont raisonnablement bien résisté, mais les segments discrétionnaires, comme l’automobile, sont demeurés faibles. Le PIB a également été touché par les droits de douane sectoriels, en particulier dans l’automobile et l’acier, et par la piètre confiance généralisée des entreprises qui découle d’une incertitude commerciale prolongée. Les exportations ont été faibles dans les secteurs sensibles aux droits de douane, en particulier l’automobile, tandis que les importations ont été faussées par la vigueur des flux de métaux précieux et d’or, ce qui a fait paraître la situation commerciale nette pire au cours du trimestre.

Comme le montre la figure 5, les données sur le PIB du quatrième trimestre de 2025 au premier trimestre de 2026 révèlent une volatilité considérable à l’égard des principales composantes, y compris les stocks, les importations, la formation de capital fixe et les dépenses publiques. À l’exception des importations, qui ont une incidence négative sur la variation en pourcentage du PIB réel au cours des deux trimestres, chaque composante a varié, d’une contraction lors d’un trimestre à une expansion lors d’un autre, ce qui souligne l’importance de se concentrer sur les tendances sous-jacentes à moyen terme plutôt que sur les fluctuations à court terme.

 

Figure 5 : Contribution à la variation en pourcentage du PIB réel

Source: Statistique Canada

Les consommateurs ont été le principal amortisseur de l’économie. Les dépenses des ménages ont certes augmenté au premier trimestre, mais cela tient surtout à l’utilisation de l’épargne et aux effets de richesse liés au raffermissement des marchés boursiers. Le taux d’épargne a baissé à 3,5 %, ce qui laisse moins de marge de manœuvre pour aller de l’avant. Il est peu probable que ce soutien soit durable, d’autant plus que la croissance des revenus des ménages ralentit. Les dépenses de consommation feront probablement face à plus de difficultés au cours des prochains trimestres, la hausse des prix de l’essence érodant le pouvoir d’achat, et les données sur le commerce de détail laissent déjà entrevoir des pressions sur les volumes réels. Le fardeau est particulièrement lourd pour les ménages à faible revenu, même si bon nombre d’entre eux devraient profiter de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels, et à notre avis, une grande partie de ce soutien sera dépensée plutôt qu’épargnée. Cela devrait amortir en partie les difficultés, mais ne change pas le fait que les consommateurs soutiennent l’économie à un moment où la croissance sous-jacente des revenus demeure faible.

Il y a encore des raisons de ne pas devenir trop pessimiste. L’ACEUM demeure un stabilisateur important et, jusqu’à présent, continue de protéger une grande partie des échanges commerciaux du Canada avec les États-Unis contre un choc tarifaire plus important. La hausse des prix de l’énergie accroît également le PIB nominal, les revenus commerciaux et le revenu national, même si ces gains sont répartis inégalement entre les provinces et les ménages. De plus, la hausse des revenus tirés de l’énergie, un certain soutien découlant de la hausse des salaires réels et un rebond probable des échanges commerciaux et du PIB mensuel au deuxième trimestre devraient aider l’économie à se redresser après un début d’année très décevant.

Comme le montre la figure 1, les signes de gains de productivité attribuables à l’IA sont limités jusqu’à présent, malgré l’adoption généralisée par les entreprises dans la plupart des domaines (voir la figure 6). En particulier, l’adoption de l’automatisation du marketing demeure chétive. De plus, la composition sectorielle du Canada diffère considérablement de celle des États-Unis, avec une empreinte technologique relativement plus petite, ce qui pourrait atténuer davantage l’incidence à court terme de l’IA sur la productivité, comme le montre la figure 1.

 

Figure 6 : Adoption de l’IA par les entreprises

Source : Enquête canadienne sur la situation des entreprises, deuxième trimestre de 2026

Comme le montre la figure 7, le PIB par habitant du Canada a augmenté, malgré une légère baisse en mars. Cela reflète notre prévision antérieure selon laquelle un ralentissement de la croissance de la population, en particulier chez les travailleurs étrangers temporaires et les étudiants internationaux qui sont souvent concentrés dans des postes à bas salaire, stimulerait la production par habitant.

 

Figure 7 : L’évolution de la dynamique de la population entraîne une hausse du PIB par habitant

Source : Statistique Canada 

Dans l’ensemble, nous sommes d’avis que, même si le Canada est en récession technique, l’économie semble plus paralysée que brisée. Nous avons revu à la baisse nos prévisions de PIB pour 2026 à 1,5 %, avec une amélioration modeste à 1,6 % en 2027. Ces perspectives demeurent toutefois sensibles aux risques externes, en particulier à l’issue des prochaines négociations sur l’ACEUM.

 

Marchés de l’emploi

Le marché canadien de l’emploi a connu une période volatile dans la première moitié de 2026, mais la dynamique sous-jacente laisse entrevoir un ralentissement de l’embauche plutôt qu’une détérioration généralisée de l’emploi. Plus de 100 000 emplois ont été perdus entre janvier et avril, ce qui représente la plus forte baisse depuis 2021, avant un rebond marqué en mai qui a permis de créer environ 88 000 emplois. En termes nets, le nombre d’emplois a diminué d’environ 24 000 depuis le début de l’année, et le nombre d’emplois à temps plein est revenu à peu près à son niveau du début de l’année. Cette volatilité de l’emploi global cache un contexte sous-jacent plus stable.

À notre avis, le marché de l’emploi continue d’évoluer dans un contexte caractérisé par un faible nombre d’embauches et de licenciements. Les entreprises s’accrochent largement aux travailleurs actuels et les mises à pied ne s’accélèrent pas, ce qui donne à penser qu’aucun cycle de licenciements généralisé ou musclé n’est en cours. Le principal défi est plutôt la faiblesse des embauches. Les entreprises n’augmentent pas leur main-d’œuvre au rythme nécessaire pour absorber la nouvelle offre de main-d’œuvre, ce qui témoigne du contexte d’exploitation incertain façonné par les pressions commerciales persistantes et les droits de douane sectoriels, en particulier dans la fabrication et l’automobile. Les intentions d’embauche demeurent, mais les entreprises semblent retarder les décisions jusqu’à ce que les perspectives commerciales et économiques en général soient plus claires.

Ce déséquilibre est le plus visible chez les nouveaux venus sur le marché du travail. Les jeunes travailleurs et ceux qui réintègrent la population active ont de plus en plus de mal à trouver un emploi, car les embauches n’ont pas suivi le rythme de l’offre de main-d’œuvre. Il en résulte une hausse du chômage qui n’est pas attribuable aux pertes d’emplois, mais à une création insuffisante d’emplois. Le taux de chômage des jeunes s’établit à 13,4 %, comparativement à seulement 5,6 % pour les travailleurs dans la force de l’âge, ce qui témoigne de l’élargissement de l’écart entre les résultats sur le marché du travail pour tous les groupes d’âge. Cela reflète à la fois la faiblesse cyclique et les pressions structurelles, y compris un décalage croissant entre l’éducation et la demande de main-d’œuvre. Au cours de la dernière décennie, le nombre de diplômés universitaires a augmenté de plus de 63 %, tandis que la demande pour les emplois nécessitant un diplôme n’a augmenté que de 16 %, de sorte que de nombreux travailleurs qualifiés se disputent un bassin limité de possibilités.

Le marché de l’emploi montre également une nette divergence régionale. Dans les régions fortement manufacturières, comme London, en Ontario, le taux de chômage est de 8,4 %, ce qui témoigne de l’exposition directe aux droits de douane sectoriels et de la sensibilité aux échanges commerciaux. En revanche, dans des régions comme Québec, où l’emploi est plus concentré dans les administrations publiques et les secteurs moins exposés au commerce mondial, le taux de chômage est à 3,8 %. Cette dynamique souligne comment les pressions commerciales externes façonnent les résultats du marché du travail à l’échelle du pays.

La figure 8 ci-dessous montre que le taux de chômage total est passé de 6,9 % à 6,6 % et que celui des jeunes est passé de 14,3 % à 13,4 %.

 

Figure 8 : Le taux de chômage chez les jeunes demeure supérieur à 13 %, tandis que le taux global demeure près de 6,5 %

Source : Statistique Canada

Nous nous attendons à ce que le marché de l’emploi se stabilise plutôt que de se détériorer davantage. L’absence de hausse des mises à pied constitue un point d’ancrage important, et l’embauche devrait se redresser graduellement à mesure que l’incertitude entourant la politique commerciale s’estompera. Les sondages menés auprès des entreprises et d’autres indicateurs donnent à penser que les intentions d’embauche ont commencé à s’améliorer, même si les embauches réelles demeurent faibles. De plus, le ralentissement de la croissance de la population et les retraites élevées commencent à ralentir le rythme de l’expansion de la population active. Cela signifie que l’économie n’a plus besoin de générer le même niveau de création d’emplois qu’entre 2022 et 2024, lorsque les taux d’immigration élevés ont nécessité des gains de plus de 60 000 emplois par mois pour maintenir l’équilibre. Compte tenu de la croissance plus lente de la main-d’œuvre, le seuil de chômage stable est plus bas et, selon nous, le taux de chômage devrait terminer l’année près du niveau actuel d’environ 6,5 %.

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Date de publication : Juillet 2026

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