Au début de l’année, il aurait été facile pour les conseillers de justifier une réduction de la pondération des actions, en particulier des actions américaines, des actions des « Huit Magnifiques » et/ou des actions de croissance à grande capitalisation, compte tenu des faibles prévisions du marché des actions américaines, des valorisations relatives élevées et de la hausse des rendements obligataires. Ces conditions ont incité les analystes et les experts financiers à la prudence, comme en témoignent les titres des principales publications financières :
- Bloomberg : « Perspectives du marché pour 2024 : la prudence règne dans un contexte d’incertitude »
- The Wall Street Journal : « L’indice S&P 500 fait face à des difficultés en 2024 »
- CNBC : « Les indicateurs économiques laissent entrevoir un début d’année 2024 difficile pour les investisseurs »
Malgré les inquiétudes initiales et le sentiment négatif entourant le marché des actions américain, ce dernier a défié les attentes, établissant de nouveaux records historiques sur 57 jours différents. Il s’agit du cinquième plus grand nombre de records enregistrés en une année. Ce rendement est en voie d’atteindre un rendement annuel d’environ 24 % au 27 décembre (figure 1a). Les rendements boursiers incroyablement solides, surtout face à des prévisions aussi sombres au début de l’année, soulignent l’importance d’ignorer les perturbations du marché et de s’en tenir à votre plan de placement. Comme l’a si bien dit le fondateur de Vanguard, Jack C. Bogle : « Continuez quoi qu’il en soit et gardez le cap! »
Les solides rendements des actions américaines de cette année font suite à la solide performance des actions américaines en 2023, ce qui s’est traduit par deux années consécutives de rendements supérieurs à 20 %. En fait, le marché des actions américaines a produit des rendements supérieurs à 20 % au cours de cinq des six dernières années, à l’exception de 2022, où il a reculé de 19 %. Comme nous continuons de l’observer, les rendements des actions sont souvent imprévisibles et rarement proches de leurs moyennes à long terme. Au contraire, elles présentent une large distribution, ce qui fait de la capacité à faire abstraction du bruit un véritable superpouvoir pour investir avec succès.
Même si les marchés des actions américaines ont produit de solides rendements, les marchés non américains ont continué de tirer de l’arrière, l’ensemble du marché des actions internationales progressant d’environ 5 % au 27 décembre. Les marchés obligataires américains, mesurés par l’indice Bloomberg U.S. Aggregate Bond, ont enregistré un rendement positif, mais plus modeste d’environ 1 % (figure 1b). La répartition équilibrée, comme une pondération de 60 % d’actions américaines par rapport à 40 % d’obligations américaines, a produit un rendement d’environ 14 % (figure 1c). Le solide rendement des portefeuilles d’actions américaines et des portefeuilles équilibrés en 2024 souligne une fois de plus l’importance d’ignorer les perturbations et de maintenir une stratégie de placement à long terme.
Figure 1a. Distribution des rendements annuels des actions de 1928 à 2024

Figure 1b. Distribution des rendements annuels des obligations de 1928 à 2024

Figure 1c. Distribution des rendements annuels de 60 % en actions et de 40 % en obligations de 1928 à 2024

Remarques : Les figures 1a à 1c illustrent le rendement cumulatif de janvier à décembre de chaque année civile depuis 1928. Les données sur le rendement de 2024 s’étendent jusqu’au 20 décembre 2024.
Sources : Analyse de l’Investment Advisory Research Center à partir des données de Morningstar Inc. Figures 1a à 1 c. : Actions : Indice S&P 90 de 1928 au 3 mars 1957; indice S&P 500 du 4 mars 1957 à 1970; indice Wilshire 5000 de 1971 au 22 avril 2005; indice MSCI US Broad Market du 23 avril 2005 au 2 juin 2013; et indice CRSP US Total Market par la suite. Obligations : Indice IA SBBI U.S. Intermediate-Term Government Bond de 1928 à 1972; indices Bloomberg U.S. Government/Credit Intermediate-Term de 1973 à 1975; et indice Bloomberg U.S. Aggregate Bond par la suite. 60-40 : Portefeuille hypothétique composé à 60 % d’actions et à 40 % d’obligations.
Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs. Le rendement d’un indice ne correspond pas exactement à celui d’un placement précis dans la mesure où il est impossible d’investir directement dans un indice.
Dans le secteur des placements, il est courant d’entendre des avertissements concernant des bulles et des marchés baissiers imminents. Dans nos commentaires précédents sur les marchés, nous avons cherché à sensibiliser les conseillers à cette question au moyen de notre modèle mental des trois B, car certaines entreprises sont incitées à attirer votre attention en jouant sur les craintes connues des investisseurs et en tirant parti des tendances à l’aversion pour les pertes. Ensemble, ces facteurs peuvent conduire à des mesures à court terme qui vont à l’encontre des objectifs à long terme.
Au cours de la dernière décennie, les manchettes ont souvent laissé entendre que les actions des Huit magnifiques – et les actions de croissance à grande capitalisation de façon plus générale – sont surévaluées (ou même une bulle) et qu’un repli est probable. Par conséquent, la tentation de sous-pondérer ces sociétés a été élevée, ce qui est compréhensible compte tenu de leurs valorisations relatives. Mais il est important de se rappeler que les marchés sont tournés vers l’avenir et que les titres se négocient dans des marchés aux enchères dominés par de grands investisseurs avertis qui intègrent tous les facteurs pertinents à leur processus de détermination des prix, pas seulement les valorisations relatives. Encore une fois, les marchés se sont révélés plus exacts dans leurs prévisions futures que les manchettes et les indicateurs couramment utilisés.
S’il est tout à fait possible de surpasser les marchés, cela s’avère beaucoup plus difficile qu’on ne le croit. Par exemple, comme le montre la figure 2, malgré le sentiment largement négatif à l’égard des actions de croissance à grande capitalisation américaines, celles-ci ont continué à surpasser les autres grandes catégories d’actifs publics, non seulement en 2024, mais aussi au cours des trois, cinq et dix dernières années. Le fait de ne pas bénéficier de ces rendements exponentiels, en totalité ou en partie, aurait eu des conséquences négatives sur les résultats des clients et de la pratique. La figure 2 met également en évidence la grande dispersion des rendements entre les sous-catégories d’actif et le fait que la catégorie équilibrée affiche des rendements plus proches du centre de la fourchette de distribution des rendements, comme prévu et de façon intentionnelle, ce qui renforce l’importance d’une vaste diversification.
Figure 2. Rendements des marchés sur 12 mois pour une sélection d’indices

Sources : Analyse de l’Investment Advisory Research Center à partir des données Morningstar Inc., croissance, grande cap. : CRSP US Large Cap Growth Index; grande cap : CRSP US Large Cap Value Index; croissance, moy. cap. : CRSP US Mid Cap Growth Index; moy. cap. : CRSP US Mid Cap Value Index; croissance, petite cap. : CRSP US Small Cap Growth Index; petite cap. : CRSP US Small Cap Value Index; actions internationales des pays développés : MSCI World ex USA Index (en $ US); actions des marchés émergents : MSCI Emerging Markets Index ($ US); obligations américaines : Bloomberg U.S. Aggregate Index (Float Adjusted); Obligations internationales (couvertes en $ US) : Bloomberg Global Aggregate ex-USD Index (couvert $ US); équilibré (60/40) : 36 % CRSP US Total Stock Market Index, 24 % MSCI All Country World Index IMI (en $ US), 28 % Bloomberg U.S. Aggregate Bond Index (Float Adjusted) et 12 % Bloomberg Global Aggregate ex USD Index (couvert $ US).
Remarques : La figure montre les rendements cumulés depuis le début de l’année, sur 3 ans, sur 5 ans et sur 10 ans sur une base annualisée et cumulative, pour certaines stratégies. Les données sont en date du 20 décembre 2024.
Le rendement passé n’est pas garant des résultats futurs. Le rendement d’un indice ne correspond pas exactement à celui d’un placement précis dans la mesure où il est impossible d’investir directement dans un indice.
Les conseillers ont réussi à aider les clients à « garder le cap »
Malgré un rendement relatif nettement supérieur, voire historique, des actions par rapport aux obligations au cours des dix dernières années, les indicateurs d’appétit pour le risque de Vanguard montrent que les répartitions en actions n’ont pas augmenté de manière substantielle (comme cela s’est souvent produit dans le passé), mais sont restées largement stables, comme le montre la figure 4. Nos recherches, qui analysent les flux de trésorerie des fonds communs de placement et des FNB dans le contexte du rendement relatif des placements et de la répartition globale des actifs du secteur, révèlent que les répartiteurs de fonds sont demeurés rigoureux et que la plupart d’entre eux ont rééquilibré leurs portefeuilles. Ce comportement est très différent de celui des précédents marchés haussiers d’actions, de longue durée et vigoureux, et s’aligne sur la recherche de notre Alpha du conseiller®.
Par exemple, les rendements du marché des actions américaines ont dépassé 20 % chaque année de 1995 à 1999 et la pondération globale des actions du secteur est passée de 38 % au début de 1995 à 64 % à la fin de 1999 (figure 4). Si les investisseurs et leurs conseillers procédaient à un rééquilibrage au cours de cette période, on pourrait s’attendre à ce que les flux de liquidités vers les titres à revenu fixe soient nettement plus importants.
En 2024, des flux de trésorerie sans précédent ont été injectés dans les titres à revenu fixe
Si les rendements du marché des actions américaines sont similaires à ceux des obligations en 1999 et en 2024, les flux de trésorerie relatifs sont sensiblement différents pour chaque période (figure 3). En 1999 et dans les années qui ont précédé, les flux de trésorerie vers les actions et les titres à revenu fixe étaient relativement équilibrés, comme l’indique un ratio titres à revenu fixe/actions d’environ 1 X. Cependant, en 2024 et au cours des années précédentes, un changement sans précédent s’est produit : les flux de trésorerie vers les titres à revenu fixe ont été de 5 à 17 fois supérieurs aux flux de trésorerie vers les actions. Ce type de rééquilibrage à contre-courant des flux de trésorerie est remarquablement différent du passé, où les flux de trésorerie ont largement suivi le rendement. Cette tendance constitue un signe prometteur que nous avons suivi, indiquant que les répartiteurs et les investisseurs prennent des décisions qui sont vraiment dans leur intérêt.